Projets de recherche en cours

Recommandations pour une pratique culturellement sensible et intersectionnelle dans l'intervention de prévention du suicide pour le personnel de la sécurité publique : une approche qualitative

Le personnel de sécurité publique (PSP) est un groupe professionnel particulièrement à risque de comportement suicidaire (CS). En plus des dimensions personnelles (âge, sexe, genre, orientation sexuelle) qui peuvent influencer ce risque suicidaire, les dimensions professionnelles et organisationnelles peuvent également influencer ce risque, telles que l’exposition à des événements potentiellement traumatisants sur le plan psychologique (PPTE), la culture masculine associée à ces emplois, et le contexte de travail (temps plein vs temps partiel/bénévole ; rural vs urbain).Il existe divers mécanismes de prévention du suicide, y compris les lignes de crise téléphoniques, mais les PSP semblent peu susceptibles d’utiliser ces services. Les principaux obstacles à l’utilisation de ces services sont la stigmatisation, la peur pour la confidentialité, et le sentiment de ne pas être compris par les intervenants en raison de leur contexte de travail particulier. Pour répondre à cette préoccupation, il est nécessaire d’offrir des services adaptés aux besoins de la population des PSP, y compris la proposition de services spécifiques dans le contexte de la ligne de prévention du suicideau Canada. Il est donc important d’explorer quelles sont les spécificités culturelles et les besoins de ces PSP et comment adapter les services pour répondre à ces spécificités et besoins. Si vous avez des questions, vous pouvez rejoindre Isabelle Bernier, coordonnatrice du projet par courriel à l’adresse suivante : ibernier.iusmm@ssss.gouv.qc.ca

Comprendre les comportements suicidaires chez les agents des services correctionnels

Dans le cadre de leurs fonctions, les agents de services correctionnels (ASC) jouent un rôle clé dans le processus judiciaire et de réinsertion des délinquants. En effet, ils accompagnent les détenus dans leur vie quotidienne et dans leur réinsertion sociale, surveillent l’environnement de détention et veillent au respect des règlements par les détenus. Leurs conditions de travail sont complexes et les exigences élevées.

Une étude canadienne récente a démontré que la prévalence des idéations suicidaires et des tentatives de suicide est nettement plus élevée chez le personnel des services correctionnels canadiens que dans la population générale. Toutefois, il existe peu d’écrits sur les facteurs associés aux comportements suicidaires de ces travailleurs et encore moins pour les ASC provinciaux.

Ces constats soulignent l’importance de produire des connaissances permettant de mieux comprendre comment ces comportements suicidaires (idéations et tentatives) se développent. Il importe aussi de comprendre les défis et besoins personnels et professionnels spécifiques aux ASC afin de mieux les soutenir dans ce travail essentiel.

Une équipe de chercheur.ses du Centre d’étude sur le trauma a donc mis sur pied un projet de recherche ayant pour objectif d’explorer le développement des comportements suicidaires chez les ASC provinciaux. Cette exploration permettra de dégager une vue d’ensemble du risque suicidaire chez ces derniers, absente de la littérature scientifique actuelle. Ce projet constituera une première étape essentielle afin de mieux adapter les efforts de prévention en fonction des besoins et contextes spécifiques des ASCP. L’étude produira des connaissances nouvelles qui soutiendront non seulement la recherche sur la compréhension du suicide, mais aussi la prise de décision au ministère de la Sécurité publique (MSP) en lien avec le bien-être du personnel des établissements de détention.

Les objectifs spécifiques sont :

  • Étudier les facteurs de risque et de protection (individuels, organisationnels, sociaux et sociétaux) qui influencent le développement des comportements suicidaires;
  • Identifier les processus individuels, organisationnels et sociaux en jeu dans le développement du risque suicidaire dans le temps ;
  • Proposer des scénarios typiques de risque suicidaire chez ASCP

Photo : Radio-Canada / Gilles Munger

Développement d’un cadre conceptuel et d’un outil de mesure de la qualité de vie adaptés aux victimes de violence

Le trouble de stress post-traumatique (TSPT) est reconnu comme un des désordres aux effets les plus délétères sur la qualité de vie des individus. Les actes de violence dont les individus sont victimes se traduisent par une forte prévalence de trauma et entraînent des séquelles physiques et psychologiques les plus sévères pour les victimes. Il n’existe aucun cadre conceptuel de la qualité de vie (QV) spécifique à ce type de victimisation et il n’existe pas de mesure de la qualité de vie adaptée et sensible à leur réalité clinique.

Les objectifs du projet consistent à :

1- Élaborer un cadre conceptuel sur la QV afin de définir les différentes dimensions et indicateurs spécifiques aux victimes d’actes de violence.

2- Créer une mesure de la QV sensible et adaptée pour être utilisée dans le contexte de recherche clinique auprès de la population ciblée.

Suite à une synthèse des écrits scientifiques, afin d’établir les bases du cadre conceptuel, des entrevues individuelles réalisées auprès d’adultes exposés à des actes de violence et des groupes de discussion avec des psychologues et des chercheurs spécialisés en trauma et en QV seront organisés.  Les entrevues et les groupes de discussion permettront d’étayer le cadre conceptuel, mais également d’identifier des dimensions et indicateurs qui sont propres aux personnes exposées à la violence.

[NB – le recrutement pour ce projet est terminé]